PERIO : interview et session acoustique

Partie 3 /4 : La grande séparation

 

Dans cette 3ème vidéo (7 min 36) Eric Deleporte raconte le retour des États-Unis, la fin de la formule en duo de Perio et sa réinvention en solo sur l’album « The Great Divide ».
L’interview est suivie (à 3:44) d’une version acoustique en solo de la chanson « Crust and Dirt » du dernier album « 30 Minutes With Perio » (plus d’infos sur cet album en bas de cette page).

 

Cette version solo est nécessairement très différente de celle de l’album, dont la rythmique nerveuse et accrocheuse rappelle le style Mod. Sur la version studio de « Crust and Dirt » , c’est en effet Popincourt qui joue la basse  (Rickenbaker ?). Ce n’est sans doute pas un hasard si celui-ci a  récemment participé à un disque de reprises des Jam de Paul Weller, LE groupe Mod Anglais par excellence.

Ces influences pop Britannique d’esprit 60’s sont plus surprenantes chez Perio, dont la musique sonne habituellement plus Américaine qu’Anglaise, et plus mélancolique que dansante.

 

La chanson « Crust and Dirt » commence à 3:44

 

Retour en France

 

Le troisième album, « The Great Divide » signifie « Le Grand Fossé » ou « La Grande Séparation ».  A la fois pour symboliser l’Océan Atlantique et la fin du duo. A cette époque en effet Eric Deleporte rentre en France pour de bon. Seul.

L’ambiance de sa musique s’assombrit à l’image de la pochette du disque, autoportrait torse nu, debout au bord d’un pont, de nuit, tel un désespéré. Le foisonnement instrumental et les pop-songs parfois potaches qui égayaient les deux premiers albums ne sont plus de mise.

 

Le son de l’album, riche en réverbération, évoque toujours les grands espaces, mais plutôt que des paysages fantasmés, c’est de l’absence qu’il s’agit. Toute fioriture dans les arrangements et l’écriture est donc écartée pour toucher au coeur du propos. Gratter jusqu’à l’os pour ne garder que l’essentiel.

Pour autant, les quelques notes égrainées ça et là en disent plus long que tout un orchestre. De cet espace se dégage au final une étrange sérénité. L’album rayonne en effet d’une énergie sombre.

 

Au bord du vide, un nouvel envol

On sent bien les chansons un peu amères par moments, mais toujours prenantes. Le chant assure la continuité en restant aussi assuré, posé que sur les albums précédents, sans pathos gênant. Les illusions perdues, reste, plus que  du dépit, une forme de lucidité désabusée.

Il ne s’agit donc pas tant de baisser les bras, mais de faire le vide pour se ressourcer, trouver un nouvel équilibre. L’épure pour évacuer le passé. La précision pour dompter le chaos. La ligne claire pour trancher la noirceur et conserver le cap.

 

Pari réussi. En effet si l’album « The Great Divide » est d’un abord plus particulier, un peu moins accueillant, un titre comme « Unconnected soul » n’a pas grand-chose à envier aux meilleurs de Radiohead, la sobriété en plus.

 

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Kreposuc

Nantais depuis de nombreuses années, je connais bien ma ville et j'apprécie tout particulièrement sa vie culturelle foisonnante. Curieux, j'aime découvrir de nouvelles choses chaque jour, et, comme je suis assez bavard, j'en profite pour les partager ! Plutôt que de continuer à bombarder mes amis d'articles sur Facebook, je me suis donc dit qu'il serait plus intéressant de créer un blog. Qui sait, il pourrait même être lu et intéresser des gens !