SESSION LIVE – PERIO : interview et session acoustique

Visuel de l'album "30 Minutes With Perio", 2015.
« 30 Minutes With Perio », 2015.

VIDEO ET ARTICLE – Kreptonite passe en revue la carrière d’un autre artiste issu de la scène Nantaise, aussi discret que talentueux : Eric Deleporte alias « Perio ». Une « Session » spéciale , mi-interview mi-live exclusif.

 

Voilà plusieurs mois qu’aucune vidéo n’avait été publiée sur le blog faute de temps. Il était temps de rattraper ça ! 😉

Cette « session » réalisée spécialement pour Kreptonite alterne interview et live acoustique de Perio. Elle dure moins de 30 minutes en tout, pour rester dans l’idée du dernier album, « 30 minutes with Perio ».  Ce qui permet de présenter les différents albums et leur processus de création.

La vidéo est découpée en 4 épisodes chronologiques  à suivre qui seront diffusés dans les prochains jours  et ajoutés à cette page.

Un format qu’on espère pouvoir répéter par la suite. Même si les nombreux défauts techniques de ce premier essai furent un vrai cauchemar à corriger… L’essentiel est de toujours chercher à faire mieux la prochaine fois !

 

Partie 1 /4 : Les débuts de PERIO

 

  • Dans cette vidéo Eric Deleporte raconte les débuts de Perio, le premier album sur le label Lithium, et le départ du duo aux États-Unis.

 

  • L’interview est suivie d’une version acoustique en solo de la chanson « No Western Land Fits Your Passion », qui évoque irrésistiblement par son paysage sonore onirique le meilleur de Neil Young (plus exactement le cultissime « Cortez The Killer »)ou Mercury Rev. Tout en étant tout simplement, du Perio ! L’original, magnifique, figure sur le deuxième album de Perio, « Medium Crash ».

La chanson commence à 3:01

Perio n’est pas à proprement parler un « artiste Nantais » dans le sens ou l’essentiel de sa discographie a vu le jour entre les États-Unis et Paris. Mais c’est un blog ici, pas l’État Civil, alors on ne va pas demander à Éric Deleporte s’il buvait du cidre au biberon et si ses ancêtres étaient Bretons ou Vendéens, parce qu’on s’en fiche pas mal et que tout le monde est le bienvenu ici 😛

Interrogé sur son parcours de l’époque et peut-être pas très rassuré sur nos intentions, le chanteur s’est tout de même senti obligé de justifier jusqu’à sa naissance et sa scolarité en terre Nantaise. Convaincus de sa légitimité en tant qu’artiste (presque) local, nous ne sommes pas aller vérifier si ses papiers étaient en règle et ses vaccins bien à jour, même si par les temps qui courent, ce sont des choses qui se font, apparemment.

Le fait est que les premiers pas de Perio ont bien eu lieu à Nantes, au contact d’une « scène nantaise » qui commençait à peine à émerger, dans laquelle on trouvait déjà notamment – devinez qui ? – l’incontournable Dominique A. C’est en effet en assurant la première partie d’un de ses premiers concerts, dans un lieu situé rue des Olivettes, baptisé « La Halle à Chaussure » que Perio a pour la première fois officialisé son existence scénique.

De fil en aiguille, c’est sur le label indé local « Lithium » que sortira un déjà excellent premier album en duo, « Icy Morning in Paris », alternant pop-folk intimiste et pop-songs surréalistes.

 

Partie 2 /4 : Le deuxième album

 

  • Dans cette vidéo Eric Deleporte parle de ses rencontres musicales aux États-Unis et de la genèse  du deuxième album, « Medium Crash » , aux arrangements plus aventureux et maîtrisés.

 

  • L’interview est suivie d’une version live acoustique de la chanson « Withdrawal » tirée du dernier album « 30 Minutes With Perio » (plus d’infos sur cet album en bas de cette page).

La chanson commence à 3:02

Aux États-Unis, Perio se mélange avec bonheur à diverses scènes locales. Sans complexe vis-à-vis de la culture rock et du langage. Au choc des grands espaces s’ajoute la découverte du processus de production en studio.

L’album résultant de cette évolution, « Medium Crash », toujours chanté majoritairement en duo, reste ainsi le plus arrangé et stylistiquement le plus varié de la discographie de Perio. C’est apparemment celui dont son auteur semble le plus fier.

Peut-être parce qu’il représente une période heureuse accompagnée d’un grand développement artistique, et que la suite des événements (la « grande séparation » dont il sera question dans le troisième album) imposera un net changement d’humeur.

Les deux albums suivants seront majoritairement peuplés de chansons aux thèmes plus sombres, tel ce « Withdrawal » à la fois doux (le chant, la musique) et douloureux (dans ce que  raconte le texte).

 

Partie 3 /4 : La grande séparation

 

  • Dans cette troisième vidéo Eric Deleporte raconte le retour des États-Unis, la fin de la formule en duo de Perio et sa réinvention en solo sur l’album « The Great Divide ».

 

  • L’interview est suivie d’une version acoustique en solo de la chanson « Crust and Dirt » du dernier album « 30 Minutes With Perio » (plus d’infos sur cet album en bas de cette page). Une version nécessairement très différente de celle de l’album, au rythme Mod nerveux , accrocheur et So British.

 

C’est Popincourt qui joue la basse  (Rickenbaker ?) sur la version de « Crust and Dirt » présente sur l’album, et ce n’est sans doute pas un hasard si celui-ci a  récemment participé à un disque de reprises des Jam de Paul Weller, LE groupe Mod par excellence.

C’est en revanche beaucoup plus inattendu et rafraîchissant d’entendre ces influences pop et d’esprit 60’s chez Perio, dont la musique sonne habituellement plus Américaine qu’Anglaise, et plus souvent mélancolique que dansante.

La chanson commence à 3:44

La grande séparation. C’est le nom du troisième album, « The Great Divide ». A la fois pour symboliser l’Océan Atlantique et la fin du duo. A cette époque en effet Eric Deleporte rentre en France pour de bon. Seul.

L’ambiance de sa musique s’assombrit à l’image de la pochette du disque, autoportrait torse nu au bord d’un pont, de nuit, tel un désespéré. Le foisonnement instrumental et les pop-songs parfois potaches qui égayaient les deux premiers albums ne sont plus de mise. Le son de l’album, riche en réverbération, évoque toujours les grands espaces, mais plutôt que des paysages fantasmés, c’est de l’absence qu’il s’agit. Toute fioriture dans les arrangements et l’écriture est donc écartée pour toucher au coeur du propos. Gratter jusqu’à l’os pour ne garder que l’essentiel.

Pour autant, les quelques notes égrainées ça et là en disent plus long que tout un orchestre. De cet espace se dégage au final une étrange sérénité. L’album rayonne en effet d’une énergie sombre. On sent bien les chansons un peu amères par moments, mais toujours prenantes. Le chant assure la continuité en restant aussi assuré, posé que sur les albums précédents, sans pathos gênant. Les illusions perdues, reste, plus que  du dépit, une forme de lucidité désabusée.

Il ne s’agit donc pas tant de baisser les bras, mais de faire le vide pour se ressourcer, trouver un nouvel équilibre. L’épure pour évacuer le passé. La précision pour dompter le chaos. La ligne claire pour trancher la noirceur.

Pari réussi : si l’album est d’un abord plus particulier, un peu moins accueillant, un titre comme « Unconnected soul » n’a pas grand-chose à envier aux meilleurs de Radiohead, la sobriété en plus.

 

Partie 4 /4 : Les reprises, le dernier album.

 

  • PARTIE 4 (et fin) : Les influences new-wave, les reprises. Rappel du dernier album.

 

  • Live : « Ghost Rider », reprise du groupe Suicide (extrait).

La chanson commence à 1:00

Malgré leurs sorties espacées de plusieurs années, tous les albums de Perio ont connu un beau succès d’estime auprès de la presse spécialisée, proportionnel à leur confidentialité (regrettable) auprès du grand public. Le but de ces vidéos est aussi de contribuer modestement à les faire (partagez-les !).

A ses débuts, Eric Deleporte a régulièrement joué de nombreuses reprises sous le nom de « Barbario », avec des musiciens qui pour plupart ont par la suite connu un certain succès d’estime (The Married Monk, Françoise Breut, Michel Cloup…).

Si sa voix et sa musique évoquent spontanément le légendaire héros folk Canadien Neil Young, les influences de Perio sont en réalité ancrées dans la New-Wave de la fin des années 80 et les expérimentations de la scène « indie » des années 90. En particulier celles du label 4AD, audacieux et très « arty », qui a fait connaître des artistes complexes et hors-normes comme les Pixies, Cocteau Twins, Dead Can Dance et Lisa Germano.

Pour preuve de cet attachement, le dernier titre joué pour cette session est une version acoustique, toujours à la guitare folk, de « Ghost Rider »  du mythique groupe Suicide. Un choix étonnant à quand on sait que ce duo iconoclaste, contemporain de la naissance du Punk New-yorkais, fut un précurseur de rythmes électro névrotiques, à la boîte à rythme et au clavier … Mais sans guitare.

Le dernier album de Perio, « 30 Minutes With Perio », sorti en 2015, est disponible en  édition limitée sur le label Objet Disque. Cliquez ici pour l’écouter gratuitement et/ou le commander en CD.

Un nouvel album, « Black Condensed » est prévu courant 2018 sur le même label.

 

Visuel de l'album "30 Minutes With Perio", 2015.
Visuel de l’album « 30 Minutes With Perio », 2015.

 

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Liens :
Site officiel de Perio : https://perio.bandcamp.com
Facebook : https://www.facebook.com/periomusic
Objet Disque : http://objetdisque.org/bands/perio

 

Auteur : Kreposuc

Nantais depuis de nombreuses années, je connais bien ma ville et j'apprécie tout particulièrement sa vie culturelle foisonnante. Curieux, j'aime découvrir de nouvelles choses chaque jour, et, comme je suis assez bavard, j'en profite pour les partager ! Plutôt que de continuer à bombarder mes amis d'articles sur Facebook, je me suis donc dit qu'il serait plus intéressant de créer un blog. Qui sait, il pourrait même être lu et intéresser des gens !