Actu du Blog

 

« Pourquoi ce blog n’est-il pas plus actif ? »

Ahhh… La question à 2000 sesterces que tout le monde (ne) se pose (pas) mais je vais y répondre quand même…

 

Pourquoi cette pause ?

On pourrait supposer, au choix :

  1. un excès de fainéantise
  2. trop peu d’éléments culturels à Nantes (rires).
  3. une soudaine perte de mémoire ayant fait oublier l’écriture et l’existence de ce blog.

Il n’en est rien ! En réalité, plusieurs raisons à cela, dont :

  1. épuisement (trop de nuits blanches sur l’ordi)
  2. découragement moral (« à quoi bon »)
  3. plus du tout de temps libre pour la vie personnelle (voir point 1)
  4. autre travail à temps plein (ça va souvent ensemble)

Et surtout, devoir livrer une lutte acharnée pour un tout petit peu de reconnaissance, ce si précieux carburant, ce pétrole de la motivation.

 

Welcome To The Jungle

En effet tout le monde le sait, l’explosion du volume de contenus en ligne pousse un esprit de concurrence féroce et pas toujours très sain) pour grappiller un peu de visibilité.

C’est depuis longtemps un cliché de le répéter :

 

Des jeux télévisés humiliants à la starification instantanée (et aussitôt périmée) sur Instagram, les fameuses « 15 minutes de célébrité prophétisées jadis par Andy Warhol se sont réduites à quelques secondes.

Quiconque veut exister dans cet espace virtuel a intérêt à constamment jouer des coudes pour ne pas se faire engloutir.

Au début c’est excitant, mais ça peut vite devenir un vrai supplice de Sysyphe, épuisant et sans fin.

L’addiction aux smartphone n’est pas dues qu’au narcissisme : 

le système impose de publier en permanence, et surtout aux bons moments, le contenu le mieux ciblé et calibré possible, celui qui sera le plus liké et le plus partagé.

Et hop, on recommence.

 

Pigeon Gratuit

Conséquences de cette pression : sur les réseaux sociaux, les groupes et pages de créatifs freelance tels que « Les clients » et surtout « Pigeon gratuit » dénoncent les excès d’une offre pléthorique, dans laquelle le travail gratuit est trop souvent considéré comme allant de soi.

Chacun veut son petit bout de notoriété pour exister sur le réseau.

 

Aujourd’hui trop de leurs clients potentiels, qui peuvent payer,  se contentent donc de demander une couverture gratuite – mais de qualité professionnelle – de leur événement (vidéo, article, photos pro), des révisions de site internet à n’en plus finir, des concerts gratuits pour animer leur restaurant…

 

En promettant pour tout contrat et tout cachet, « d’offrir de la visibilité ».

Chose que nul n’accepterait dans un autre domaine que celui de la création intellectuelle et artistique.

 

Or, qui paye ses courses et ses loyers en « chèque visibilité » ? Levez la main.

C’est généralement dans cette optique que les chargé-e-s de presse contactent les blogueurs et les blogueuses.

 

Capital Notoriété

Bon, moi ça me fait toujours plaisir d’être contacté, ça prouve au moins que le référencement de mon site n’est pas si mal pour si peu de contenu (donc j’ai bien bossé), et que le format n’est pas si mal non plus s’il est susceptible d’intéresser des pros.

 

Bien qu’en réalité, ils / elles ne semblent s’intéresser qu’à deux choses :

  1. la production gratuite de contenus multiples par des passionnées
  2. la diffusion par les auteurs auprès de leur audience propre, en toute autonomie.

C’est bien normal, c’est leur métier : faire fructifier l’audience, augmenter les parts de marché, toucher les cibles visées y compris celles dites « de niche ». Ouaf.

 

[ Hors- Sujet : au fait,  si je semble m’auto-citer dans les paragraphes ci-dessus ce n’est pas par prétention d’être un auteur de référence ! J’aime bien l’effet visuel de ce bloc de citation « en exergue », tout simplement. J’ai sans doute trop lu Télérama dans ma jeunesse. Pas de regrets, c’était bien. Sauf les critiques ciné qui racontent  à chaque fois la fin du film. Mais je m’égare. Passons.]

 

La gestion stratégique de la notoriété

Pourtant, à cause du verrouillage des partages par le communicants professionnels, la gestion stricte de l’e-reputation  ressemble exactement à celle d’une banque gérant son capital : par  pur calcul d’intérêt, et sans partage.

Partage, échange sincère « gagnant-gagnant », tissage de liens humains qui devrait pourtant être la base des réseaux sociaux. Dire ça ferait presque passer pour un hippie aujourd’hui.

 

Sharing is caring (partager c’est aimer).

En d’autres termes (monologue fictif) :

« Couvre-moi d’éloges, donne-moi de la visibilité pour que j’aie du public. Mais n’espère pas le moindre coup de chapeau, le moindre partage. Tu n’auras au mieux qu’un (éventuel) pauvre like en retour. »

 

Tu n’es qu’un petit insecte éphémère parmi des milliers d’autres, pas un grand média dont le nom prestigieux m’honore. Je ne t’accorderai donc pas une miette de MON audience.

 

« Même pour un contenu dans lequel tu me valorises parce que je t’ai demandé si tu pouvais faire un article sur mon festival / mon album / mon spectacle ».

C’est la règle tacite du Net et des réseaux. Et ça tue le « game » , comme disent les rappeurs.

 

Good com’ / bad com.

Attention, ce n’est pas du tout de la faute des assistant-e-s chargées de com et de relations presse, qui sont généralement jeunes et hyper sympathiques.

C’est grâce à elles que j’ai pu filmer Legendary Tigerman à Stereolux, l’inauguration de « Transfert » ,  Jehro en concert… Donc MERCIIIIII 🙂

 

Ce sont elles (parfois eux)  qui me proposent aussi des invitations, interviews etc. qui m’intéressent dans le principe pour faire du bon travail et rencontrer des artistes intéressants dans de bonnes conditions.

Mais  soyons clairs, c’est de la stratégie d’image de marque, gérée par des professionnel-les, et non de la spontanéité individuelle.

Donc continuez  Messieurs-dames, continuez à m’envoyer des propositions, je vous en suis gré, mais de grâce, partagez le résultat ensuite, quel qu’il soit, sur votre page facebook, votre chaîne Youtube ou autre réseau influent.

 

Sinon,ça reste faisable, mais si ce n’est pas la politique du service com’ de partager sur Facebook autant dire les choses clairement dès le départ.

 

Un individu lambda ne se posera jamais la question « qu’est-ce que je perds à partager les mots de quelqu’un qui me valorise ? » s’il n’est pas payé pour réfléchir dans ce sens.

 

Tellement (de) Frais

Pareil pour les festivals à 200 km de Nantes qui commencent le vendredi à 17h30 : ok, je veux bien venir le week-end s’il y a moyen de fimer quelques titres live ou itw. Ok, je ne paye pas l’entrée, merci c’est gentil.

Mais partagerez-vous le résultat ? Même s’il me faut du temps pour bien finaliser, une fois l’événement fini, quand l’équipe sera dissoute et partie en vacances ?

Et surtout : vous prenez mes frais  en charge ?

Je sais que ça me prendra en tout 24h sur place, plus quelques heures par article / vidéo pour le montage et la finalisation.

Soit en équivalent temps, bien plus cher que le ticket du festival, même si c’était au SMIC horaire. Sans parler du matériel qui peut être cassé, volé etc.

Ce n’est pas pour rien que les caméramen – monteurs prennent dans les 500 € la demi-journée (pour un résultat pro avec du matériel haut de gamme).

Ah, et apparemment la SNCF ne prend pas le chèque visibilité. Dommage.

Donc continuez à prendre contact, mmais pensez-y SVP. Un organisme de presse prend les frais en charge, pour un blog sans pub c’est différent.

 

A la base, un blog textes et photos, c’est  déjà très chronophage.

Je suis toujours très impressionné par exemple du professionnalismes des membres du groupe Nantais  « Les blogs du 44 », qui publient régulièrement des contenus, pros, cohérents et surtout réguliers. C’est admirable et intimidant.

Les astuces pour réussir sont assez connues :

  • Travailler dur en continu bien sûr, mais aussi :

 

  • choisir des sujets hors actu (on parle d’ « evergreen content », du contenu toujours vert, comme les sapins et le bonhomme Cétélem).

 

  • écrire le plus possible d’articles à l’avance et si possible à la suite dans la même journée (« batch-writing »).

 

  • enfin, les article technico-pratique ou de conseil écrits en réponse aux questions posées sur les moteurs de recherche ont des chances de trouver leur public à chaque nouvelle requête sur le sujet.

 

Choses que ce blog dans sa forme actuelle ne permet pas puisqu’il s’agit en partie de couvrir un événement, festival, interviewer un artiste qui est là aussi pour faire valoir son actualité.

 

Mais il y a pire : le montage vidéo

en particulier, c’est passionnant mais ça prend tellement de temps et d’énergie… Surtout lorsqu’il se fait sur le peu de temps libre disponible.

Ajoutez à ça le mixage audio , ses plug-ins et ses nombreuses versions  pour faire ressortir le son des concerts de manière à peu près correcte…

Mon PC est peu puissant, il y a  souvent plein de choses à rectifier (stabilité des plans, réécriture, etc…) et j’en profite souvent pour tester de nouvelles fonctionnalités des logiciels et me former au passage.

 

Ensuite, il faut faire les visuels, choisir la meilleure photo, la retravailler un peu, placer le texte à la bonne taille, mettre en ligne, écrire un article avec les bons mots, des liens pertinents, ajouter les balises de mots-clés.

Au total, il n’est pas rare que j’aie passé 10 voire 15h de travail pour une vidéo intégrée dans un article un peu documenté et les visuels ad hoc. Pour au final trouver le résultat bien en deça de mes attentes, essentiellement pour des raisons techniques (matériel).

Parfois, ça rendrait presque un peu fou !

 

Alors bien sûr, vous allez dire que je me plains.

Que ce gros « travail », personne ne me force à faire et que d’autres font avec plaisir. Soit.

En attendant, un article ou une vidéo travaillés sont faits pour rencontrer leur public potentiel, au moins être partagé par les artistes ou structures qu’ils mettent en avant.

 

Le but des vidéos et articles de kreptonite.com est avant tout de transmettre un message intéressant, d’aider les artistes à trouver leur public.

 

Montrer aussi le travail de répétition,  les galères, l’envers du décor pour que tout semble si facile le jour « J ».

Tellement facile que d’aucuns se disent encore « Artiste ? Ce n’est pas un métier, mais un loisir. Ce n’est pas du travail, c’est un don ».

Rien de plus faux !

 

Les artistes, comme les créatifs freelance, ont besoin de reconnaissance et d’une rémunération à la hauteur de leur travail, souvent « invisible » mais quotidien : réflexion, conception, préparation, essais, corrections…

Rendre visible et audible ce qui se passe derrière le rideau rouge, c’est aider les artistes à se faire comprendre de leur public et à susciter leur soutien.

 

Impossible de rivaliser avec les médias établis

A partir du moment ou on a cette ambition de faire du « reportage » de l’interview etc… la « concurrence » n’est pas que celle des autres blogueurs et blogueuses passionnés mais de bien plus gros poissons.

France 3 Régions, Télénantes, TV Sur Erdre, services de communication municipaux, boîtes de prod) disposent d’équipes spécialisées, de bien plus gros moyens, de temps en journée et surtout d’une audience de plusieurs centaines ou milliers de personnes selon les cas.

Des chaînes Youtube très peu connues font également du très bon travail télévisuel en termes de portraits et interviews d’artistes.

 

France 3, à nous deux !

Donc avec de tout petits moyens, difficile de rivaliser. Sur le point  de l’image et du son cependant, le matériel s’est énormément démocratisé, grâce à Youtube qui a fait naître d’innombrables vocations.

Il « suffirait  » d’y mettre beaucoup d’argent. Bon pour une caméra pro à 3000 ou 5000 € ça ne va pas être possible, mais on trouve des caméras extrêmement perfomantes pour de moins en moins cher. D’ailleurs même les camescopes de base sont devenus très bons.

 

Reste le temps investi donc. Mais quand on a un travail différent en journée, cela limite le traitement des sujets et la réactivité.

Et surtout, avec ce type de sujet locaux au traitement amateur, impossible de bénéficier  par soi-même d’une audience  de chaîne de télé établie depuis des décennies ! 

 

Squeezé, je suis squeezé ?

Sur Youtube, les stars sont une poignée de Youtubeurs axés jeux vidéo et humour, en phase avec un public adolescent.

C’est majoritairement pour ces contenus écrits d’avance, qui mettent leur auteur en avant, en plan fixe, que le public jeune vient sur Youtube, en plus des séries animées et des clips.

 

Pas pour des reportages  amateurs  » à l’ancienne », hyper localisés, façon France 3 mais en moins propre (reflex et faible luminosité obliges)…

A méditer donc pour dépasser ce formattage prévisible lors de futures productions.

 

Génération Désenchantée

 

Face à tous ces contenus, faute de visibilité et de partages, il n’y a rien de moins valorisant que de travailler dur sans obtenir de reconnaissance. Ou pire, avoir l’impression que ça n’a intéressé personne. 

C’est une des raisons de la « mise en pause » de ce blog.

 

D’autres blogueurs, après des années de travail  acharné et passionné  pour partager leurs découvertes, ont tout effacé sur un coup de tête.

Pendant ce temps, à la télé, certains intervenants récurrents, incompétents et ringards – mais honteusement surpayés – dispensent leurs réflexions de poivrot de PMU à des millions de gens. Et tout le monde en parle, on ne voit que ça. N’y aurait-il pas un problème ?

 

Alors pensez à ce geste simple qui ne vous coûte rien : Par-ta-gez si vous aimez (ou si vous êtes la personne interviewée) ! Tant qu’à faire, abonnez-vous pour ne  pas rater les prochaines publications ! 😉

Vous ferez des heureux : le public découvre un artiste, l’artiste gagne des spectateurs et des fans, l’humble intermédiaire médiatique se sent utile d’avoir rempli sa mission.

 

D’ailleurs si vous voulez participer, on peut en parler :  le formulaire de contact est juste là,  à portée de clic.

Alors à vot’ bon coeur, et bisous ! 😉

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